Équipe La ferme aux arbres de Dekese
Alex Théodore Kambou, Ali Siribié, Bernard K. Allouan
« La ferme aux arbres » de Dekese est une ONG dont le but est d’aider la population de Dekese, une région déchirée par la guerre et isolée de la République démocratique du Congo. Trois experts en informatique ont aidé l’organisation à développer un logiciel permettant la saisie et l’analyse de données démographiques. Cet outil de gestion démographique est adapté au contexte local et renforcera les capacités de l’administration locale en matière de planification et de mise en œuvre des projets qui aideront au développement socio-économique de la région.
« Le résultat dépasse de loin les attentes de notre organisation », explique Antoine Ndondo, qui a coordonné la collaboration. « L’Administrateur territorial est extrêmement enthousiaste de voir aboutir l’informatisation, attendue depuis longtemps, des registres de l’état civil dans la région. Le gouvernement central de Kinshasa, qui a été contacté pour appuyer l’implantation du programme, est très intéressé par la version bêta en cours d’évaluation. Une extension de l’implantation de ce logiciel dans le district du Kassaï Occidental, qui compte environ 2 millions d’habitants, est en cours de discussion. »
Les jeunes de Dekese ont pris l’initiative de créer une association pour aider à la saisie de données. « L’espoir renait et la vie sociale se réorganise », indique Antoine en décrivant l’impact second de la contribution des volontaires.
Durant leur collaboration, les troubles et conflits au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, pays d’origine des volontaires, ont constitué des défis inattendus pour le projet. La coupure des lignes téléphoniques et l’absence de connexion internet n’étaient qu’un des problèmes auxquels les volontaires ont dû faire face. Bernard K. Allouan, volontaire en ligne travaillant en tant que développeur d'applications en Cote d’Ivoire, a perdu certaines de ses affaires personnelles, y compris son ordinateur portable. Une fois les choses rentrées dans l’ordre, il a réussi à récupérer ses fichiers de sauvegarde. « Le volontariat, et ce projet en particulier, m’ont permis de comprendre à quel point nous avons tous besoin des autres. La région pour laquelle ce projet a été réalisé se trouve être l’une des plus enclavées au monde, et cela du fait de la guerre. Alors comment rester indifférent lorsque l’on est originaire d’un pays qui lui-même vient de connaître 10 ans de guerre ? »
« Il y a une joie et une satisfaction de savoir que l’on a été utile à autrui, des personnes sans espoir parfois, à qui l’on permet de voir le bout du tunnel » explique Ali Siribié, Vice-Directeur de la Direction informatique et Chef du service Logiciels et Web de la mairie de Bobo-Dioulasso au Burkina.
Le contexte socio-politique a ajouté une nouvelle dimension à la collaboration : « Les deux autres volontaires venaient d’un pays que certains ont accusé d’être à l’origine des troubles dans le mien. Mais il nous a fallu dépasser ces préjugés et réaliser qu’aucun de nous n’était à blâmer pour les erreurs de nos politiciens » indique Bernard K. Allouan.
Alex Théodore Kambou, consultant en informatique pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Burkina Faso, résume son expérience de volontariat en ligne comme suit : « Vous apprenez beaucoup, et vous partagez vos connaissances, les enrichissant grâce au partage des connaissances et de l’expérience des autres. »





